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dimanche 21 juin 2026

12e dimanche du temps ordinaire

Temps ordinaire·Année A·Chambéry·Père Patrick Gaso
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Comme pour les lectures du prophète Jérémie ou l’épître de saint Paul que nous venons d’entendre, cette page d’évangile est décapante ! Et pourtant, elle nous dit une réalité et notre mission !

Pour la comprendre, il faut d’abord nous rappeler que cette page d’évangile a été écrite pour des chrétiens d’origine juive, environ une cinquantaine d’années après la mort de Jésus. Ces juifs sont passés au christianisme, ils ont reconnu le Christ et ils sont donc considérés comme des renégats. Aussi cherchait-on à les éliminer, ou du moins à les faire taire, car ils sont gênants !

Témoigner de sa foi à cette époque, c’était souvent risquer sa vie ! Les siècles suivants ont été aussi terribles par le déferlement des persécutions !

On peut comprendre que certains aient cherché à se faire très discrets et à ne pas trop élever la voix, en restant pourtant fidèles au Seigneur.

Jésus ne leur a pas caché que l’entreprise était risquée : « je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups… prenez garde aux hommes… vous serez haïs de tous à cause de mon nom… » avait-il dit aux Apôtres.

C’est donc pour eux, mais aussi pour nous, aujourd’hui, que saint Matthieu rappelle ces paroles de Jésus qui invitent à l’audace et au courage : « Ne craignez pas... Soyez sans crainte », leur dit-il.

C’est une expression que l’on retrouve 366 fois dans la Bible. Chaque matin, en se levant, le chrétien peut lui aussi se dire : « Allez ! Ne crains pas ! »

Et nous, frères et sœurs, quel réflexe matinal avons-nous eu ce matin : la douche ou vite, un café ? Ou celui d’aller joyeusement témoigner de l’Évangile auprès des personnes que nous allons rencontrer ? « Allez ! Ne crains pas ! » Avons-nous eu ce réveil matinal suffisamment audacieux ? Je l’espère, même si la douche et le café sont importants également !

Chers frères et sœurs, n’ayons pas peur, comme nous le souhaitait déjà saint Jean Paul II, le jour de son élection en criant sur le balcon de la basilique saint Pierre de Rome : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, en effet, grandes les portes au Christ ! »

C’est en regardant vivre le Christ lui-même que nous comprenons mieux toute la portée et les exigences de ce message ! C’est vrai ! Il n’a jamais eu peur d’affronter les autorités religieuses qui étaient opposées à son message de vérité et de miséricorde. Il n’a jamais eu peur lorsqu’il est allé vers les collecteurs d’impôts (Zachée, Matthieu…), il s’est laissé toucher par des lépreux, il a accueilli les prostitués et les pécheurs publics qu’il fallait, à tout prix, éviter. Il a même pardonné les péchés. On peut dire que Jésus a vécu dangereusement, mais surtout librement. Tous ces risques, il les a acceptés pour rester fidèle à sa mission jusqu’au bout, en passant par la croix.

Alors, Jésus prévient ses disciples et nous-mêmes, aujourd’hui : eux aussi, comme nous aussi, connaîtront des tempêtes, parfois des échecs, mais aussi de belles réussites ! Il faut réentendre régulièrement : « N’ayez pas peur… Je suis avec vous ! » « Je t’accompagne à chaque instant de ta vie ! Livre-toi à moi !». Dieu n’abandonne pas ses enfants. Comme le dit saint Paul : « Rien ne peut nous séparer de son amour ».

Le Christ nous veut partenaire, il ne nous laisse pas seul, il nous veut ensemble, en communauté, il veut nous associer tous à sa victoire sur la mort, c’est-à-dire sur tout ce qui défigure l’homme, tout ce qui défigure sa Création ! Il nous veut Témoins de son projet de vie !

C’est pourquoi, dans l’évangile d'aujourd'hui, Jésus nous fait une promesse. « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi, je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ».

Oui, frères et sœurs, retenons ces paroles : « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi, je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ».

En d'autres mots, Jésus nous dit : « Ne craignons pas de nous prononcer pour Lui », de témoigner de lui, de témoigner aussi de l’espérance qui nous anime. » C’est cela aussi « confesser Jésus-Christ ».

Notons une dernière remarque de Jésus qu’il nous faut méditer : elle peut sembler surprenante, un peu radicale ! Et pourtant, risquer sa vie pour Lui, donner sa vie pour Lui, offrir notre vie pour Lui, ce n’est pas si grave, nous dit Jésus ! Il est vrai que nous ne sommes que des pèlerins sur cette terre ! Nous naissons, nous vivons une vie parfois pleine de surprises, et, un jour, il nous faudra rendre notre vie ! Le drame – le vrai drame - serait de perdre son âme, et, en conséquence : perdre la vie éternelle !

Alors, frères et sœurs, demandons au Seigneur la grâce d’un cœur audacieux, d’un cœur libre et confiant pour répondre à son appel, la grâce de vivre en communauté son Évangile et, ensemble, la grâce d’oser en témoigner !

Demandons particulièrement cette grâce pour chacun de nous et pour tous ceux, qui dans quelques jours, vont rentrer dans cette période estivale. Gardons ce lien dans la prière, dans la joie de savoir que nous sommes ensemble, unis dans l’amour de Dieu !

Ainsi soit-il !

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